Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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lundi 26 octobre 2015

Le Pacte des menteurs de Rebecca Whitney


Le Pacte des menteurs
Rebecca Whitney

320 pages

Editions Denoël
Collection Suspense

Parution : 8 octobre 2015

Traduit de l'anglais par Nordine Haddad


Quatrième de couverture

Rachel et David sont l'image même du jeune couple heureux et comblé. Une belle maison à Brighton, une société de production florissante... Jusqu'à cette nuit où Rachel, au volant de sa voiture, cause la mort d'un homme. Un pacte terrible va alors lier les époux à jamais, et les apparences si bien préservées commencent à se fissurer. David et Rachel tentent de reprendre le cours normal de leur existence, mais Rachel, rongée par la culpabilité, se laisse happer par une spirale autodestructrice qui attise les obsessions les plus sombres de David, manipulateur et possessif, et fait remonter en elle des souvenirs d'enfance longtemps refoulés. Rachel parviendra-t-elle à affronter son douloureux passé et à trouver l'absolution pour son crime ? A travers le portrait d'une femme prisonnière d'un mariage toxique, Rebecca Whitney nous montre que, bien souvent, notre part d'ombre n'est en fait qu'un écran de fumée destiné à dissimuler une vérité à laquelle on cherche à échapper...


Un immense merci aux Editions Denoël pour cette étonnante découverte avec Le Pacte des menteurs de Rebecca Whitney . Premier roman pour l'auteure et quel talent! Ce roman est un vrai grand coup de cœur pour moi.

Nous découvrons à la lecture des premières pages Rachel et David, un couple à première vue comblé et sans histoire, menant même une vie plutôt aisée et bien remplie. Cependant, un matin, Rachel à bord de son véhicule, percute un homme sur la route et le tue. Dans la panique, elle décide de cacher le corps et rentre couverte de boue chez elle.

Mais cette tragédie va tout simplement se révéler être le déclenchement d'une cassure au sein de ce couple en apparence si parfait. Si ce drame va profondément affecter Rachel au point de faire resurgir un passé douloureux que l'auteure va progressivement et subtilement nous révéler au fils des pages, en revanche, pour son mari David, cette mort ne vaut pas la peine de s'en émouvoir. Ce dernier voit surtout un risque énorme pour sa réputation et l'image de l'époux parfait que nous avions dès le départ se trouve mis à mal et nous découvrons au fur et à mesure du récit un homme imbu de pouvoir, possessif, jaloux et n'ayant aucune considération pour sa femme.

L'auteure possède une réelle capacité à captiver son lecteur dans le détail des scènes. Nous sommes comme projetés dans le décor et dans la mesure où la narratrice se trouve être le personnage principal, nous sommes forcés de constater que malgré l'homicide certes involontaire commis par Rachel, l'auteure nous conduit invariablement à soutenir les pensées de cette antihéroïne malgré nous.

Rachel n'a pas toujours eu une vie pleine de paillettes et nous découvrons par un procédé de retour en arrière que son enfance n'a pas été des plus glorieuses. Entre une mère un peu "barge" sur les bords, un père absent et un oncle glauque, on ne s'étonne pas que les bases de cette femme se révèlent plutôt friables et instables. Alors on finit par comprendre ses choix, on s'attache au personnage et on hait au plus haut point ce mari écœurant et immoral.

J'aurai grandement apprécié quelques pages supplémentaires pour connaitre plus exactement le devenir de cet ignoble mari, mais bien évidemment je préfère rester évasive sur mon ressenti, mais les personnes qui seront amenées à lire ce roman comprendront certainement mon observation finale.

 "Dans la vengeance et en amour, la femme est plus barbare que l'homme". Frederich Nietzsche


Note : 10/10

mercredi 21 octobre 2015

Le mystère Dyatlov d'Anna Matveeva



Le mystère Dyatlov
Anna Matveeva

336 pages
Editions Presses de la Cité

Traduit par Véronique Patte
Date de parution : 8 octobre 2015


Quatrième de couverture

L'histoire semble tout droit sortie d'un film d'horreur : neuf étudiants partent faire du ski dans l'Oural,
en Russie, en février 1959, et n'en reviennent jamais. Après de nombreuses recherches, leurs cadavres sont finalement découverts avec d'étranges blessures : têtes et côtes fracassées, lésions internes, langue manquante... Tous auraient fui dans la terreur soudaine leur camp au milieu de la nuit pour se réfugier dans la forêt voisine où, sans équipement, ils n'avaient aucune chance de survivre au froid. 

Les enquêteurs concluent l'affaire par "morts des suites d'une force inconnue et impérieuse" et la classent ensuite "Top secret"... Des années plus tard, les circonstances exactes du drame demeurent obscures. Dès lors, plusieurs hypothèses ne cessent de courir, des plus fantaisistes aux plus probables (apparition d'extraterrestres, vengeance de personnages mythologiques ou de tribus autochtones, expériences secrètes effectuées par des militaires ou des astronautes...). 

Anna, la narratrice, décide de mener sa propre enquête.




Je tiens tout d'abord à remercier Babelio et les Presses de la cité pour l'envoi du "Mystère Dyatlov"

En 1959, dix étudiants de l'Ecole Polytechnique de l'Oural se lancent dans une randonnée de haute montagne près du Mont Otorten. Alors que l'un d'entre eux décide d'arrêter l'expédition et de rebrousser chemin pour raison de santé, tous les autres randonneurs sont retrouvés morts dans des conditions particulièrement étranges.

C'est dans ce contexte que quarante ans après les faits, Anna Matveeva se plonge dans cette affaire et tente de nous disséquer le mystère non résolu qui plane sur la mort mystérieuse de ces alpinistes pourtant aguerris et chevronnés. En rassemblant documents officiels et témoignages, l'auteure va tenter au travers de son principal personnage, Ania, de trouver des réponses à cet énigme n'ayant jamais été résolu. Plusieurs hypothèses s'avèrent plausibles mais aucune n'apparaît réellement probable à cent pour cent.

On peut qualifier cet ouvrage de roman historico-réaliste avec bien évidemment une pointe de fiction où nous découvrons la vie d'Ania, personnage clé, plutôt réservé et solitaire avec pour seul compagnon son chat Schumacher et la présence occasionnelle de son ex-mari Vadick qui lui rend visite de temps en temps. La jeune femme, romancière, vit dans un appartement très modeste et les conditions hivernales ainsi que les détails de son habitat y sont tellement bien décrits que nous ressentons ce froid pénétrant qui se faufile au travers des pages.

Ma plus grande difficulté dans la lecture de ce roman se trouve dans la diversité des noms et prénoms russes des alpinistes et des autres intervenants dans le livre. Quoiqu'il en soit, ce livre se lit très bien et s'avère très instructif et plaisant dans le sens où l'auteure à su parfaitement doser et allier histoire et fiction en tant que roman. Intégrer un personnage fictif à une histoire réelle apporte une dimension palpable pour le lecteur qui ne s'ennui absolument pas au fil des pages. On sait en effet qu'il est parfois indigeste de lire certains romans historiques, mais ici, nous sommes comblés et prenons même part aux investigations avec Ania.

Bien que l'ouvrage reprenne des éléments issus de sources officielles, le vocabulaire y est facile tant dans sa lecture que dans sa compréhension. Avec tous ces éléments positifs, on ne peut qu'apprécier cet ouvrage.

Alors, Ania se rapprochera-t-elle finalement de la solution à tout ce mystère autour de la mort de ces randonneurs ou devra-t-elle se contenter d'envisager d'hypothétiques conclusions ?

A l'approche de l'hiver, ce livre sera parfait au pied de votre sapin ou en lecture près d'un bon feu de cheminée. Un roman que je recommande tout particulièrement surtout que les faits se déroulent à une époque particulièrement importante, juste après la mort de Staline et où une certaine liberté renaîtra enfin.

Note : 9/10


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samedi 10 octobre 2015

Oliver ou la fabrique d'un manipulateur de Liz Nugent



Oliver ou la fabrique d'un manipulateur
Liz Nugent

Editions Denoël
Collection Suspense
256 pages

Traduit de l'anglais (Irlande) par Edith Soonckindt


Quatrième de couverture

Alice et Oliver Ryan sont l'image même du bonheur conjugal. Complices, amoureux, ils mènent la belle vie. Pourtant, un soir, Oliver agresse Alice avec une telle violence qu'il la plonge dans le coma. Alors que tout le monde cherche à comprendre les raisons de cet acte d'une brutalité sans nom, Oliver raconte son histoire. Tout comme les personnes qui ont croisé sa route au cours des cinquante dernières années. Le portrait qui se dessine est stupéfiant. Derrière la façade du mari parfait se cache un tout autre homme. Et lorsque le passé resurgit, personne n'est à l'abri, pas même Oliver. Nouveau génie du suspense psychologique, Liz Nugent dissèque la fabrication fascinante d'un monstre, du mal à l'état pur. Un roman dans la pure tradition de Patricia Highsmith, qu'on ne lâche pas jusqu'à la toute dernière page.


Un grand merci aux Editions Denoël pour la découverte de ce roman d'analyse psychologique.

Dans Oliver ou la fabrique d'un manipulateur, nous faisons connaissance avec le personnage principal, Oliver. L'histoire commence par un fait tragique. Un soir, Oliver frappe sa femme Alice avec une telle brutalité qu'elle se retrouve plongée dans le coma.  Pourquoi a-t-il commis un tel acte?
Ce roman s'articule par un procédé narratif plutôt original avec le point de vue des nombreuses personnes qui ont été amenées à fréquenter de près ou de loin Oliver et Alice. L'auteur alterne donc la vision des différents acteurs ayant croisé la route d'Oliver et permet ainsi au récit d'avancer à la manière de chapitres.

Il est à noter que ce roman ne possède aucun dialogue et on pourrait d'ailleurs s'attendre à quelque chose de très contemplatif mais c'est tout le contraire. Ici, à l'instar d'un précédent roman lu sans dialogue et m'ayant apparu comme soporifique, ici, la narration et le point de vue de l'ensemble des intervenants est tellement bien maîtrisé que nous sommes comme projetés dans leur époque. La dynamique est présente et l'auteur arrive à nous captiver avec brio.

En tant que lecteur, nous passons par différentes phases d'émotions : colère et compassion. Autant il est difficilement concevable d'accepter la violence conjugale quelque soit le passé traumatique lié à l'enfance, mais il est tout aussi difficile d'accepter qu'un enfant puisse être à ce point rejeté par un père qu'il n'aura finalement jamais eu l'occasion de connaitre. Difficile de rester de marbre, d'où l'ambivalence des sentiments ressentie à la lecture de ce livre.

En attendant, un grand bravo à l'auteur qui a su de manière remarquable mettre en exergue le caractère DU personnage en utilisant un procédé narratif qui peut être très risqué s'il est mal maîtrisé, mais ici, c'est bien tout le contraire, nous sommes fascinés et conquis jusqu'à la dernière page.

Personnellement, je trouve que la couverture du roman, très jolie, mais d'aspect moderne, n'est pas forcément en adéquation avec l'époque où se déroule l'ensemble des faits, mais ce n'est pas véritablement une critique en soi. Le côté sombre du personnage y ait parfaitement bien représenté, reste pour moi un sentiment de contemporanéité que je n'arrive pas à intégrer avec l'époque des faits.   

Note : 9/10

Pour se procurer Oliver ou la fabrique d'un manipulateur, c'est par ici :