Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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jeudi 25 février 2016

Je sais où tu es - Claire Kendal (Editions Albin Michel)



Je sais où tu es 
Claire Kendal

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nathalie Cunnington

Editions Albin Michel

Collection « Spécial Suspense »

En librairie le 4 février 2016
 Quatrième de couverture

Où que Clarissa aille, Rafe est là. À la fac, où ils travaillent tous les deux, au parc, chez elle... Ses messages saturent son répondeur ; ses cadeaux qu’elle refuse s’entassent devant sa porte. Mais Rafe a été clair : ce professeur, spécialiste des contes de fées, ne renoncera pas à « une fin heureuse ». Seule issue pour la jeune femme : sa participation au jury d’un procès pour viol au tribunal de Bristol, loin de son quotidien. Le regard qu’on porte sur la victime lui ouvre les yeux sur la ligne subtile qui sépare culpabilité et innocence. Clarissa ne pourra échapper à l’emprise de Rafe, elle devra y faire face, au risque de découvrir le conte de fées macabre qu’il a imaginé pour elle. Tout en tension et en sourdes menaces, ce suspense psychologique explore les zones d’ombre entre amour et obsession, fantasmes et réalité. Un thriller fascinant, best-seller en Angleterre, qui envoûte le lecteur jusqu’à sa fin, absolument terrifiante.

Dans Je sais où tu es, nous découvrons le récit de Clarissa, jeune femme à priori sans histoire, intelligente et ayant vécu quelques histoires d'amour inachevées, on comprends rapidement que cette dernière vit le mal être d'une jeune femme en manque d'amour et en quête d'un désir de grossesse qui n'a pour l'instant jamais vu le jour.  

Dès les premières pages nous rentrons dans le vif du sujet. Clarissa vit seule mais un mystérieux inconnu lui envoie non seulement de nombreuses lettres et de nombreux cadeaux mais ce dernier suit également Clarissa partout où elle se rends.

Vous l'aurez donc compris, nous sommes dans un triller avec pour thème principal le harcèlement  sexuel et moral.

Clarissa vit de plus en plus recluse avec pour seule et unique peur, celle de croiser ce fameux Rafe qui lui fait horreur. Souffrant en silence, elle apprends au fur et à mesure du récit à accumuler un maximum de preuves de son harcèlement.  Concomitamment à ses problèmes, Clarissa se rends chaque jour au tribunal après avoir été sélectionnée pour faire partie d'un jury populaire dans une affaire de drogue et de viol. Elle y retrouve d'autres membres jurés comme elle et se prends d'amitié pour Annie et surtout pour Robert.

Dans ce récit, l'auteur aborde avec pertinence tous les comportements et les moyens mis en œuvre par le harceleur pour nuire et détruire la vie sociale de sa victime. Clarissa est prête à tout pour fuir son agresseur au risque de perdre sa meilleure amie dont il n'hésite pas à utiliser pour causer un maximum de tord à Clarissa. Dégoût, colère, humiliation, dépression et perte de confiance en soi,... voilà toute la souffrance qu'éprouve Clarissa face à cet homme qui devient de plus en plus présent et obsédée par elle.

On comprends aussi que le fléau du harcèlement sexuel est difficile à endiguer dans le sens où certes si dans cette histoire Clarissa à réussi à obtenir l'aide de la police, la justice de son côté n'a pas pris les mesures suffisantes et favorables  pour neutraliser le risque encouru.

En nous livrant la fin de son histoire, l'auteur Claire Kendal souhaite toucher son lectorat au point qu'il vous sera même impossible de lâcher les dernière pages. Si nous sommes ici dans une fiction, nous savons pertinemment que la plupart des fictions s'inspirent de faits réels, rarement l'inverse... !

Quel sera le dénouement de cette histoire? Personnellement, je l'ai trouvé terrible et malheureusement trop proche d'une réalité qui ne devrait pas exister! 

Alors, sans doute comme moi, vous terminerez la lecture de ce livre avec une certaine colère et mélancolie !

Un grand merci aux Editions Albin Michel !

Note : 9/10

lundi 22 février 2016

Il reste la poussière de Sandrine Colette


Il reste la poussière
Sandrine Colette

Editions Denoël
Collection Sueurs Froides

Parution : 25 janvier 2016

302 pages






Quatrième de couverture

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux. 

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l'a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. 
Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?



L'auteur Sandrine Colette nous embarque dans les steppes ardentes de Patagonie où l'on y découvre 4 garçons et leur mère vivant dans une petite propriété miséreuse nommée l'Estancia.  Les quatre garçons participent, sous le despotisme de leur mère, à l'élevage des moutons et des bovins leurs assurant à peine l'essentiel pour survivre.

Dans les frères, on découvre les jumeaux Mauro et Joaquin, Steban considéré par la Mère et par ses frères jumeaux comme étant le plus débile de tous et enfin le dernier, Rafael, la bête noire et le souffre-douleur des aînés qui n'hésitent pas à frapper ou à maltraiter physiquement et moralement.  

La mère est détestable, dépourvue d'amour maternel , d'humanité envers sa progéniture et ne les considère uniquement comme des êtres pourvus de bras et seulement utiles à l'accomplissement du travail de la ferme. Les nourrir lui coûte cher et n'hésite pas à leur exprimer sa haine. Parfois elle aurait préféré les noyer à leur naissance comme les chatons que l'on ne désire pas garder.

Ce roman est pauvre en dialogue. La narration est uniquement présente de part les yeux du petit Rafael et de celle de la Mère. J'ai eu peur de ne pouvoir m'attacher aux personnages mais finalement cette histoire est tellement douloureuse, cruelle, violente et triste que j'ai pris pitié des deux plus jeunes garçonnets et je me suis fortement attachée au personnage principal, Rafael.

J'ai apprécié ce roman sous toutes ces formes. En admiration devant ce petit homme Rafael qui serait capable de tout pour sauver son troupeau, sa seule famille. Ses moutons sont les seuls à lui apporter le manque d'affection dont il a toujours manqué.

« Les seules caresses qu'il accepte sont celles des brebis, et il plonge ses mains dans les toisons épaisses pour les pousser vers l'enclos, entoure les cous dans une étreinte plus qu'une secousse s'il faut encourager les bêtes qui craignent la tonte tout le monde le sait, les cajole quand Mauro et Steban les relâchent étourdies. Pourtant l'odeur de la peau trop longtemps enfermée sous la laine l’écœure, douceâtre, nauséabonde, mais il ne se lasse pas de la chaleur des corps, de leur douceur humide qui reste sur ses paumes et que les brebis viennent lécher pour en goûter le sel. »

C'est avec beaucoup de considération que je recommande la lecture de ce sombre  roman.

Note : 9/10